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Tous les mois, les Archives départementales vous proposent de découvrir un document conservé dans leurs fonds et qui illustre un pan de l'histoire des Côtes-d'Armor. L'année 2020 étant placée pour nous sous le signe du début du chantier d'extension du bâtiment des Archives, nous avons choisi de vous présenter des documents graphiques mettant en valeur des édifices publics ou privés construits depuis la fin du XIXe siècle. Vous retrouverez également ces documents sur le calendrier 2020 édité par les Archives départementales.

Septembre 2020 : le Radôme de Pleumeur-Bodou

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Radôme (radar et dôme), ancienne station de télévision spatiale transatlantique inaugurée en 1962, Pleumeur-Bodou, carte postale sans date [1980-1990], Architecte Milton B. PUNNETT (1930-2019) (AD 22, 16 Fi 3827).

Cette carte postale intitulée « Pleumeur-Bodou – hier et aujourd’hui » met face à face deux fleurons du patrimoine de cette commune trégoroise. Le premier, la chapelle Saint-Samson, est représentatif de l’architecture religieuse bretonne du XVIe siècle. Le second, le Radôme, est bien plus original, tant par son aspect que par sa fonction.

Situé dans la campagne de Pleumeur-Bodou, le Radôme (contraction des termes de radar et dôme) est à l’origine une station de télécommunications spatiales, construite à la suite d'une convention signée entre la France et la NASA. Elle a permis, dans la nuit du 10 au 11 juillet 1962 la première retransmission en direct d'images télévisées en provenance des États-Unis via le satellite à défilement Telstar. Conçue par l’architecte Milton B. Punnett de la société Bird Air, la station est inaugurée le 19 octobre 1962 par le Général de Gaulle. Le radôme de Pleumeur-Bodou comprend un dispositif de grande taille établi pour la poursuite et l'acquisition d'un satellite à défilement. Celui-ci, mesurant 64 mètres de diamètre et 50 mètres de hauteur, est composé d'une antenne à cornet et réflecteur d'un poids de 340 tonnes pouvant pivoter tant à l'horizontale qu'à la verticale. L'antenne est recouverte d'une enveloppe protectrice en forme de dôme constituée de deux couches croisées de fil de dracon enrobées de caoutchouc synthétique blanc (l'Hypalon) et maintenue en élévation par la mise en pression de l'air contenu à l'intérieur. En 1985, l’installation d’un second dispositif, constitué d'antennes paraboliques à l'air libre et permettant d'assurer les services de transmission via un satellite géostationnaire, entraîne le déclassement de la première structure.

De nos jours, la présence du musée des télécommunications à proximité du Radôme permet au grand public de découvrir les technologies d'hier, d'aujourd'hui et de demain, et d'en comprendre le fonctionnement.

Sources :
Inventaire du patrimoine culturel en Bretagne (http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/)

Août 2020 : la gare centrale de Saint-Brieuc

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La gare centrale de Saint-Brieuc
La gare centrale de Saint-Brieuc

Construite entre 1903 et 1905, par l’ingénieur Louis Harel de la Noë, la gare centrale du réseau ferré départemental domine la vallée du Gouédic de Saint-Brieuc. L’édifice, inscrit au titre des monuments historiques en 2014, se veut simple, fonctionnel mais aussi harmonieux. L’ingénieur parvient, en effet, à allier esthétique et solidité en utilisant divers matériaux.

Le plan du bâtiment s’organise en deux parties : une halle rectangulaire et une petite construction sur la partie est. Longue de 42 m, la halle est ouverte à ses deux extrémités et couvre quatre voies. Le second bâtiment abrite le centre administratif du réseau, la salle des voyageurs, le bureau des messageries et un entrepôt de marchandises. Huit arcs en béton armé, recouverts de briques alternativement rouges et jaunes et appuyés sur des culées en granite gris, forment la charpente. La toiture à deux versants est surmontée d’un lanterneau permettant l’évacuation des fumées des locomotives.

Dès 1934, face à la concurrence du réseau routier, l’exploitation du réseau départemental commence à montrer des faiblesses. En 1956, la gare ferroviaire est reconvertie en gare routière. Seule subsiste à Saint-Brieuc la gare du réseau ferré national de la ligne Paris-Brest, édifice lui aussi remarquable situé boulevard Charner.

Au début des années 1990, l’architecte costarmoricain David Cras réaménage l’ancienne gare centrale pour la transformer en un restaurant universitaire. Ce dernier prend le parti de conserver le bâtiment original tout en intégrant des volumes de forme rectangulaire évoquant des trains et des wagons.

Aujourd’hui, pour des raisons financières, la fonction de resto U de l’édifice est remise en cause et une réflexion entamée pour le consacrer à un nouvel usage.

Juillet 2020 : le cinéma-dancing de Saint-Quay-Portrieux (1932-1935)

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Elévation du cinéma et dancing de St-Quay-Portrieux, façade sur jardin, 1932-1935 - Architecte Jean FAUNY (1895-1973) - (AD22, 142 J rouleau 314).

Au cœur de Saint-Quay-Portrieux se dresse un édifice aux lignes modernistes qui ne manque pas d'attirer l'attention. Le cinéma aujourd'hui dédié à Arletty est l'œuvre de l’architecte Jean Fauny. D'origine normande, ce dernier est nommé architecte départemental des Côtes-du-Nord en 1924, à l’age de 29 ans. Il est difficile de définir le style de son architecture car Jean Fauny emploie un vocabulaire diversifié. Ainsi, en général pour les commandes publiques (gendarmerie, écoles, dispensaires....), il s'inspire des constructions anglo-normandes en incluant des éléments de colombages et la pierre locale.

D’une toute autre manière, très souvent pour les commandes privées, Jean Fauny fait appel au style moderne « Art Déco ». Tout en jouant sur les verticalités, l’architecte fait usage d’enduit blanc, de hublots, de bastingages en tubes d’acier et de toits terrasse à l’image des paquebots.

Bien qu’il s’agisse d’un établissement public, le cinéma-dancing de Saint-Quay-Portrieux s'apparente à ce style. Le complexe est construit entre 1932 et 1935 par l'entrepreneur Prosper Richet à la demande du maire de Saint-Quay-Portrieux, Alfred Delpierre. Le plan se compose de deux ailes perpendiculaires dont l’une d’elle se termine sur la rue par une « tour-escalier » rappelant les gratte-ciel new-yorkais. L'édifice est inscrit à l'Inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis le 21 novembre 1995.

Jean Fauny a fait toute sa carrière dans les Côtes-d’Armor et a été un des architectes les plus représentatifs de cette période dans le département.

Juin 2020 : l'ancien tribunal de Loudéac

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Projet de construction d'un tribunal et d'une mairie, plan, coupe et élévation, Loudéac 1810 (AD22, 4 N 40).

Le bâtiment de l’ancien tribunal de Loudéac a été construit entre 1841 et 1852.
Pourtant, la volonté d'édifier un nouveau palais de justice est plus ancienne. En effet, dès l'an VIII (1800) le personnel judiciaire mais aussi les acteurs administratifs et politiques locaux se plaignent de l'état déplorable du tribunal. Accoté aux halles du centre ville de Loudéac, le bâtiment en bois est vétuste et trop exigu. De plus, il n'est pas isolé des bruits extérieurs ce qui rend les audiences impossibles « les jours de marché ou de rassemblements militaires ». Tous souhaitent un regroupement des édifices administratifs (notamment la mairie) et judiciaires (commissariat, tribunal, prison...). Ainsi en 1810, un projet de construction de tribunal et mairie voit le jour mais il n’est pas mis en œuvre et semble même abandonné pendant quelques temps.
En 1835, seule l'idée d'érection du tribunal est reprise. Son plan s'inspire du style antique. L'édifice s'organise autour d'une cour centrale avec une entrée monumentale composée d'une colonnade dorique portant un entablement et un fronton. L'ensemble donne à l'élévation un aspect solennel, symbole d'un pouvoir inébranlable et conforme à l’image que la Justice veut donner. Au XIXe siècle, ce style d'architecture judiciaire se généralise en France et l'on retrouve ainsi le même type de bâtiment en Bretagne comme à Lannion, à Quimper ou encore à Redon.
De 1852 à 1958, le tribunal de Loudéac exerce la fonction de Tribunal de Première Instance puis il devient Tribunal d'Instance jusqu'en 2009, année pendant laquelle il ferme définitivement ses portes. Il accueille aujourd’hui une maison de services publics, renouant ainsi avec le projet initial de 1810 qui envisageait de regrouper différentes administrations de la ville dans un même bâtiment.

Ancien palais de justice de Loudéac, carte postale, sans date [1930-1940] - (AD22, 16 Fi 2416).

 

Mai 2020 : le lycée Kerraoul de Paimpol

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Photographie de la maquette du lycée de Kerraoul, Paimpol 1970 – Architecte Louis ARRETCHE (1905-1991) - (AD22, 1468 W 150).

En 1961, la ville de Paimpol achète le terrain arboré dit de « Ker Raoul », ancien parc d'une maison de notable d'une superficie de 10 hectares. La construction du lycée est confiée à Louis Arretche : architecte en chef de la reconstruction de Saint-Malo, urbaniste de Rennes et auteur de complexes scolaire, universitaire et sportif. Le projet est particulièrement soutenu par Max Querrien, directeur de l'Architecture auprès du ministre André Malraux de 1963 à 1968 et maire de Paimpol entre 1961 et 1995, et par Michel Auvergniot : conseil en urbanisme de la ville de Paimpol.

D'un style architectural résolument moderniste, l'ensemble de l'édifice s'organise autour de formes géométriques élémentaires : un carré pour l’internat, un rectangle pour le gymnase et un U pour l’externat, le tout relié par un système de passerelles dialoguant avec le terrain vallonné. Les matériaux de construction utilisés (le béton brut, le parpaing et le verre) sont traités par l'architecte comme des éléments décoratifs à part entière. La présence d'importantes surfaces vitrées offre, d'une part, une perception de légèreté mais aussi une ouverture sur la nature : les espaces boisés et la mer.

Le lycée est achevé en 1974. Le programme architectural est ensuite complété par la construction d'un gymnase, d'une piscine, de terrains de sport et d'une maison des jeunes, mettant en évidence la volonté d'ouvrir le lycée sur la ville et de mutualiser les équipements sportifs.

Avril 2020 : le Grand Séminaire de Saint-Brieuc

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Plan d’ensemble du Grand Séminaire, Saint-Brieuc, 1925 – Architecte Georges-Robert LEFORT (1875-1954) - (AD22, 29 Fi).

Le 17 août 1925, a lieu la bénédiction de la première pierre du Grand Séminaire, dédié à saint Yves, en présence du cardinal Charost et de Monseigneur Serrand, alors évêque de Saint-Brieuc. La construction  s’achève en 1927 pour le séminaire et en 1929 pour la chapelle. L’architecte de l’édifice est Georges-Robert Lefort. Le plan du Grand Séminaire s’’inspire des plans monastiques cisterciens par sa sobriété. À l’inverse, le style de la décoration de la chapelle se caractérise par un éclectisme puisant son inspiration dans l’Art déco, le néo-classiscime mais aussi l’art régionaliste breton. On retiendra notamment l’intervention du mosaïste Isidore Odorico pour la décoration des chapiteaux, de l’autel majeur et des autels secondaires du narthex.
En 1949, une peinture murale est réalisée sur le mur du fond de la crypte par Xavier de Langlais : elle représente la présentation au temple de la Vierge et le portement de la croix.
Restauré entre 2016 et 2017, le Grand Séminaire de Saint-Brieuc, devenu la maison Saint-Yves, abrite aujourd’hui l’Évêché.

d’après La maison Saint-Yves, histoire du Grand Séminaire de Saint-Brieuc, éditions Ouest-France

Mars 2020 : la Cité Castor de Guingamp

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Cité Castor de Guingamp, vue perspective d'un logement type F5 (1955) - Architecte : Ernest Novello (1909-2003) - (AD22, 161 J 369/1).

Né dans la région lyonnaise pendant l'entre-deux guerre, le mouvement des Castors s'est particulièrement développé en France après la Seconde Guerre Mondiale. Le principe repose sur "l'autoconstruction" coopérative de logements décents pour des familles dans un temps relativement court. En Bretagne, de nombreux projets sont mis en oeuvre comme à Rennes, Saint-Brieuc, Saint-Pol de Léon, Pontivy...

A Guingamp, c'est Ernest Novello qui est chargé du projet. Originaire de Ploumagoar, il est le fils d'un entrepreneur italien fabricant de béton manufacturé. Avec son frère André, il suit des études d'ingénieur en 1929 à l'Ecole supérieure des Travaux Publics à Paris. Devenus architectes, les deux frères obtiennent le premier prix du concours de la Fondation Foch, organisé par la revue L'Architecture d'Aujourd'hui en 1933, réservé aux architectes de moins de 27 ans : il s'agit de construire une maison économique pour une famille de cinq personnes. L'intérêt de leur projet réside dans le procédé de préfabrication qui fait progresser les recherches en matière d'habitat et principalement sur la "maison usinée". 

Réalisée entre 1951 et 1953, la cité des Castors de Guingamp, située dans le quartier Sainte-Bernadette, a connu plusieurs phases de construction. Dans un premier temps, un groupe réunissant vingt-cinq familles s'engage. Puis un second groupe rejoint le mouvement, permettant l'édification de 90 autres maisons au moyen d'éléments préfabriqués à base de plaques de béton, brevetées par Ernest Novello lui-même. Enfin, en 1960, la chapelle Sainte-Bernadette est également érigée par l'architecte selon les mêmes principes de construction.

Sources :

Introduction de l'inventaire du fonds Novello (Archives départementales des Côtes-d'Armor, 161 J)
Philippe BONNET et Daniel LE COUEDIC, Architectures en Bretagne au XXe siècle, Editions Palantines, 2011, 395 p.

Février 2020 : le phare de Ploumanac'h

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Phare de Ploumanac’h, planche aquarellée sur papier conservée dans un atlas des phares et balises, 1891 - (AD22, S SUPPLÉMENT 561).

Le phare de Ploumanac'h, dit de Mean Ruz, se situe sur la commune de Perros-Guirec. Construit entre 1858 et 1860, il est détruit en 1944 lors d'un bombardement allemand. Un second phare est alors édifié entre 1948 et 1949.
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La planche aquarellée conservée aux Archives départementales montre le premier phare dans son état de la fin du XIXe siècle.
Pour sa construction, le rocher a été dérasé en 1858 et la tour, en pierre de taille, est construite sur la partie est de la roche, avec un pont de 9 mètres en granit. La balustrade de la plateforme est  en fer galvanisé et la toiture en zinc.
Le 1er août 1860, la tourelle carrée en maçonnerie, contenant un escalier d'accès à la plate-forme de la lanterne, est équipée d'un feu fixe rouge à pétrole avec une mèche unique, visible à 8 miles (15 km). Adossé à la tour, le corps de logis, long de 7, 30 m et large de 6, 40 m, se compose d’une chambre, d’une pièce servant de salle commune, d’un magasin aux huiles, d’un vestibule donnant accès à la tour et d’un bureau.
En 1886, un appentis séparé en deux pièces servant de cuisine et de cellier est ajouté au bâtiment.  

Pour plus d'informations complémentaires, consultez le site de l'inventaire du patrimoine culturel en Bretagne :
- phare de Ploumanac'h

Janvier 2020 : la construction des Archives départementales

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Chaque mois, les Archives départementales vous donnent rendez-vous à la découverte d'un document d'archives.
La première publication de l'année porte sur la construction du bâtiment actuel des Archives entre 1985 et 1988.
 
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Archives départementales lors de leur construction, 1988 – Architectes Jean-Luc BIDEAU et Ludovic SIMÉON - (AD22, 1226 W 17).

Dans les années 1980, de nombreux bâtiments d'archives voient le jour en France pour conserver le patrimoine archivistique dans les meilleures conditions. Ainsi le bâtiment des Archives départementales des Côtes-du-Nord est construit entre 1985 et 1988. Il est inauguré par Jack Lang, ministre de la Culture, le 16 décembre 1988.

Ce bâtiment fonctionnel est aujourd'hui quasiment rempli. Le Département a donc décidé d’investir pour agrandir les espaces de conservation (11 kilomètres linéaires supplémentaires viendront s'ajouter aux 22 km existants). Les espaces techniques seront remaniés et les espaces d’accueil du public seront regroupés sur un seul et même niveau, accessible de plain pied. Les travaux, qui ont commencé en fin d'année 2019, devraient durer plus de deux ans.

Contacts

Archives départementales des Côtes-d'Armor
7 rue François Merlet - 22 000 Saint-Brieuc